Réminiscences des Tonnerres de Brest et Temps Fêtes à Douarnenez
Il n’est pas toujours évident d’écrire ce que l’on a vécu à bord de la Granvillaise, pour le partager sur le blog. Ainsi, en parcourant la liste des articles, on ne retrouve rien sur l’évènement majeur de cette saison 2012, les « Tonnerres de Brest » et « Temps Fête » de Douarnenez, qui a lieu tous les quatre ans.
La Granvillaise a quitté 3 semaines son port d’attache pour aller montrer ses lignes fines et sa voilure démesurée. Des journées tellement remplies, en voiliers de toutes tailles, en émotion, en énergie donnée, en nombre de manœuvres effectuées, qu’il est effectivement bien difficile de savoir par où commencer… Par l’arrivée dans le goulet de Brest, suivis de ces 3 mats, 4 mats, toutes voiles dehors ? Ou peut-être avant, par la descente du Four, vent de travers, où plus de la moitié des navires étaient des voiliers traditionnels, et où on a posé sur le carreau la Recouvrance et un cotre pilote anglais magnifique ? Même avant Brest, les escales avaient un avant-goût de fête.
A l’Aber-Wrach, avec les drakar vikings, le Wylde Swan, nouvelle goélette en acier grée de voiles impressionnantes et aménagée de façon très moderne, la Recouvrance et son équipage complètement nouveau, puis à Camaret, où l’on retrouve au fur et à mesure les voiliers amis : le St-Michel II de Nantes, avec qui j’avais fait un partenariat à l’époque où je travaillais sur le Krog E Barz, le Corentin, lougre de Quimper, qui est le voilier qui m’a permis de voir mes premières baleines bleues, et tellement d’autres… Oui Brest c’est un peu ça, une sorte de grande réunion de famille, où l’on voudrait passer du temps avec tout le monde, mais sans en avoir le temps…
Les débuts de Brest, sur TF1 s'il vous plait! cliquez ici pour voir la vidéo
Il y a aussi les petits nouveaux, l’attraction de l’année étant le Biche, dernier thonier de l’île de Groix, kidnappé, restauré et remis à l’eau depuis à peine 1 mois par les chantiers du Guip. Paul Bonnel, charpentier co-fondateur de ces fameux chantiers, m’a dit un soir que l’on était à couple de sa nouvelle œuvre, « Dans la vie d’un charpentier, il y a le rêve de travailler sur de tels voiliers : le Biche, les bisquines, sont les aboutissements de générations de voiliers, et tendent à une telle perfection… ». 80 tonnes, 21m de long, un jeu de voile magnifique, le Biche a déposé tout le monde, ou presque, pendant la semaine relativement ventée de Brest.
Le Reder Mor, concurrent historique des bisquines, était également de la partie, et peut-être même notre lièvre préféré. Quelques membres de l’équipage du « coureur des mers » sont même venus à bord lors de la deuxième parade nocturne, « pour voir un peu comment qu’on hisse les voiles sur c’te canot’ », comme ils diraient avec leur accent morlaisien. Aide non négligeable quand il faut envoyer les voiles pour la einième fois de la journée et manœuvrer de nuit dans le port avec « quelques » bateaux. Aaaaah les parades de nuit, quelle ambiance ! Que l’on soit acteur ou spectateur, tous ces voiliers paradant en son et lumière et feu d’artifice, ça rend pas mal. Et je suis assez fière d’avoir réussi à placer la Granvillaise juste devant le feu d’artifice de la 2e parade, ça a dû faire de jolies photos !
Bataille maritime entre Etoile du Roy et le Götheborg en Penfeld
En fait Brest, ça pourrait se résumer comme ça : envoyer les voiles devant le plus de monde possible, aller voir les beaux bateaux, si possible leur tirer la bourre, aller faire quelques manœuvres au ras des digues, ola à l’appui, pour forcer les commentateurs à parler de la Granvillaise, affaler les voiles devant le plus de monde possible, le plus près possible, et recommencer. Avec quelques points d’orgues : empanner juste derrière un gros 3 mats chargé de toile, se mettre juste derrière pour se rendre compte à quel point on est tout petit, puis le remonter au vent et le remercier de sa beauté par une ola.
Il y a eu les jours avec pas mal de vent, voiles arisées et pas grand monde sur l’eau, et dailleurs pas grand monde non plus sur le pont pour aider à manœuvrer les voiles, heureusement que l’équipage était renforcé pour l’occasion. Il y a eu les passagers motivés à bloc, et les manœuvres magnifiques qui nous ont tous gonflé le cœur de fierté.
On a même eu droit trois fois à notre président de la république, venu saluer les fêtes à bord… d’un bateau à moteur ! certes avec un moteur électrique. Je ne citerai personne, mais une équipière en folie qui hurlait « François !!!! la Granvillaise, c’est Granville, c’est la Granvillaise !! » a eu le droit à un « Bravo la Normande » ou peut-être était-ce un « Bravo les Normands ? ». Moi, ce dont je me souviens, c’est qu’il devenait tellement difficile d’avoir du monde pour s’occuper des voiles, qu’on est restés face au vent à attendre que monsieur le président continue sa tournée, suivi de tous les bateaux de service public, et je vous assure que ca fait beaucoup, pour reprendre une activité normale, là en l’occurrence affaler les voiles et se mettre à couple des autres voiliers. Dans la foule une personne a commencé à scander « Ségolène, Ségolène » et tout le monde de reprendre en chœur, quelle star ce François !
Et puis, il y a eu toute cette fête, dont je ne peux pas vraiment parler, ayant été beaucoup retenue au bateau. Ainsi feux d'artifice et parades nocturnes se sont succédés au rythme des réceptions à bord, dans une très bonne ambiance.
Pour ceux qui veulent voir la Parade de nuit du 15 juillet, vous pouvez la voir en entier (45 mn, qualité moyenne, les permiers bateaux à partir de 7' et la Granvillaise à partir de 25') en cliquant ici
Mais pour moi le plus beau spectacle était sur l'eau. Tous ces voiliers aux milles histoires, sous leur plus beau jour : sous voiles! Un petit aperçu depuis le pont d'Etoile du Roy, le trois-mat corsaire favori des enfants, qui sur cette vidéo a rangé ses canons. La Granvillaise apparait au bout de 7 minutes, avide elle aussi d'admirer ce navire imposant rentrant sous voile dans l'avant port de Brest.
Dernier jour des fêtes, en faisant un petit tour dans l'avant port, nous remarquons tous que la Cancalaise a son bout-dehors rentré. Etrange, eux qui ne le rentrent jamais, contrairement à nous. Il a dû se passer quelquechose! Encore quelques secondes pour émettre des hypothèses, je pense bien sûr à un abordage, mais tempère en me disant que les dégats seraient sûrement plus graves et plus visibles. Et il faut déjà penser à autre chose. En arrivant à couple de la Cancalaise le midi, ou le soir peut-être, je ne sais plus, j'avais déjà oublié l'incident. Vite remémorré par la vision dantesque du bout dehors sur le pont, et des apôtres arrachés gisant sur le pont arrière, tel quel. Explications, état de choc de l'équipage, j'emmène un photographe prendre différentes photos pour l'expert. Pas grand chose d'autre à faire, le plus important a déjà été fait, préparer une bonne bouffe pour remonter le moral des troupes. Et nous devons enchainer nous aussi, préparer la réception du soir, et bacher car le temps s'annonce menaçant. Feront-ils la parade? Naviguer sans foc sur une bisquine n'est pas qu'un problème esthétique, c'est aussi un souci d'équilibre de voilure. La Cancalaise serait vraiment très ardente et donc beaucoup moins manoeuvrante, pas évident quand on doit se jeter dans une transhumance vers Douarnenez en passant par la case Tas de Pois et plusieurs miliers d'embarcations. L'ambiance dans le carré cancalais est bien plus morose que d'habitude, et je propose de leur descendre leur mattereau de misaine. Probablement trop prudent de ma part, mais sans bout-dehors, cela signifie aucun étai pour le mat. Et quand on doit passer dans des endroits comme le Four, où ça bouge toujours un peu, cela relève du pari sur les lois de résistance des matériaux, que personellement je n'aurais pas voulu tester pour faire avancer la science de la tenue mystérieuse d'un mât de bisquine. Il ne me reste plus qu'à souhaiter bon courage au capitaine pour son rapport de mer, les décisions qu'il aura à prendre, la grande parade, s'il la fait, le retour sur Saint Malo, et les quelques heures de travaux qui suivront. En effet, il va falloir démonter toute la cuisine et défoncer le béton des fonds avant de pouvoir poser les pièces! Et dormir, car demain, encore une grosse journée!
La grande parade tant attendue arrive, mais l'horraire d'embarquement des passagers va nous faire partir dans les derniers. Dans un sens, ce sera plus facile, mais ça va nous faire rater l'hélicoptère et la première page de tous les journaux de France et de Navarre. Alors on ravale sa déception. Au final, presque tous les passagers sont embarqués sur les trois-mâts lorsqu'on arrive avec la Cancalaise. On ne va pas être très nombreux pour les voiles, je ne le sais pas encore, mais c'est le début d'une longue série. Vite, on prend la route, le goulet face au vent, comme d'habitude donc pas de grosse surprise, la régate dans cette partie se fait au moteur.
On croise bien Tres Hombres, le brick qui fait du commerce à la voile et qui me fait rêver depuis plusieurs années, qui tire des bords... mais à vrai dire, sans moteur, il n'a pas vraiement le choix. Allez courage les gars! On rase une fois de plus le fort des Capucins, que j'ai tant vu lorsque je naviguais sur la Recouvrance. Le vent gonfle enfin nos voiles, nous pouvons commencer à envoyer les étages.
La navigation se complique, la plupart des bateaux ont remis à la voile et doivent tirer un bord pour passer la pointe du Toulinguet. La tension monte d'un cran. Je suis la seule sur le bateau à avoir déjà passé les Tas de Pois dans ces conditions, et je sais trop ce qui nous attend.Une fois la pointe passée, le spectacle est magnifique.
Reste le plus difficile à faire, passer entre les Tas de Pois en eux même. Intérieurement, je m'amuse de la surprise qui attend ceux qui ne savent pas entre lesquels on va passer. Et je commence à sérieusement sérer les fesses. Ma plus grosse crainte est la ligne de bateaux à moteur qui se trouve derrière les rochers, tellement accaparés par leurs photos qu'ils en oublient de penser à leur sécurité. La dernière fois, Moonbeam 3 en avait coulé un, et ses trois passagers s'étaient retrouvés accrochés à la sous-barbe de ce plan Fife qui avait ébloui tout Brest. Je choisis de passer derrière Etoile de France. Il est tellement gros qu'il va faire écarter tout ce beau monde. Le petit souci, c'est de garder ses distances, alors j'ai le moteur en route et je joue de la marche arrière. Les consignes sont données pour que personne ne soit surpris par l'effet de vent qui nous attend. En effet, avec vent d'ouest, le vent va tout d'abord tomber, masqué par le gros pain de sucre au vent, puis carrément rebondir sur celui au vent pour nous arriver à contre dans les voiles! Autant dire que soit on y passe à fond sur son erre, soit on allume son moteur en sécu. Tout d'un coup, je lève les yeux et constate, une seconde trop tard, qu'Etoile de France, commandée par Mathieu Alluin, est arrêtée en plein milieu des tas de pois. Je monte les gazs (en marche arrière bien sûr), mais trop tard, ma belle distance de sécurité si durement gagnée en zig zags et autres supercheries, se retrouve très franchement réduite. Et surtout, même debout sur la marche arrière, la Granvillaise continue d'avancer. Je me retrouve avec l'épaule du navire à moins de 2 mètres du tableau d'Etoile de France, le voilier derrière qui me rattrape dangereusement, puis finit par changer de direction pour sauver ma queue de mallet, et un petit voilier minuscule que j'oblige à se rapprocher de plus en plus près du pain de sucre au vent. Le temps qu'il mette son moteur à l'eau, qu'il le démarre, il a dû avoir des sueurs froides. Enfin nous on voyait très clairement la roche très très près sous sa coque!
Une fois sorti des tas de pois, il reste beaucoup de monde, mais l'espace semble tout de même bien plus vaste. Les gros voiliers qu'on voit rarement sous voile ont préféré faire le tour, c'est donc par la que je veux me diriger.
Mais au loin, nous voyons notre lièvre préféré, grand voile en ralingue, nous attendant certainement pour une nouvelle bordée myhtique. Arrivés contre leur bord, quelle surprise de constater qu'ils ne nous attendaient pas, mais qu'ils étaient désemparés, leur bout-dehors coupé net.
Troisième bout-dehors des fêtes! Plus de Cancalaise, car au final, nous avons embarqué les derniers clients à Brest, ils ont donc filé sur Saint-Malo, Reder Mor en carafe également... On va finir par ne plus avoir grand concurrents!!! Mais les morlaisiens n'ont pas baissé les bras, on ne leur enlèvera pas les quelques bordéés qui nous attendent, météo parfaite pour nous venger des bateaux lourds comme le Biche ou Etoile Molène, ils ont réussi à avoir un bout-dehors tout neuf sorti du Port Rhu.
Allez, on a un petit de temps : on se refait un petit tour des tas de pois pour le fun. Bah oui, avec tout ce stress, on a pas trop profité de la vue!
Nous ne continuons pas la course avec tout le monde. En effet cette année, nous déposons nos passagers à Brest, puis nous repasserons une 3e fois les Tas de Pois pour nous rendre à Douarnenez.Nous faisons donc nos adieux à Brest, où nous posons nos passagers en zodiac afin de ne pas avoir à rehisser nos voiles
Cette fois c'est Eric qui expérimente les voiles à contre
Nous arrivons vers 23h à Douarnenez, et nous mettons au mouillage parmis les centaines d'autres magnifiques voiliers.Brest c'est fini, maintenant il faudra attendre quatre ans...
Une vidéo retraçant les différentes éditions des tonnerres de Brest
Douarnenez
Nous voici donc chez les Penn Sardine, cette année au port du Rosmeur. Le temps est au beau, enfin, et les sorties s'annoncent splendides. Temps Fêtes est réputé plus convivial que les Tonnerres, et pour cause, il y a tellement moins de bateaux... Ca godille dans le port, ça avironne, ça picole, tout le monde cherche un "treizour" pour retourner sur son bateau tout là bas au mouillage en mangeant du maquereau fumé.
Sur la digue Est du port a été montée une estrade avec commentateur, alors c'est par là qu'on vient jouer, mais, faute de moyen, ici on entend pas ce qu'ils racontent, la sono doit être moins puissante. Mais le spectacle doit être beau, car pour se sortir de là il faut empanner devant l'estrade, vu de 3/4 arrière, les 3 étages qui balancent d'un bord sur l'autre, oui ça doit être beau. Jeu du sort, en 2008 la Cancalaise représentait les deux bisquines, cette année c'est au tour de la Granvillaise.
Brise Lame, amputé d'une partie de son bout-dehors à Bres, et sa grand-voile tannée traditionnellement
Les journées pourraient presque se ressembler, heureusement que l'organisation des fêtes met un peu de piquant, en nous annonçant, malgré mon harcèlement téléphonique, que nous ne sortons pas le matin alors que l'on est en train d'envoyer les voiles, ou que l'on fait une dernière sortie alors qu'on les a déjà affalées, sans parler des temps d'attente en stand by, pour les changements de passagers, face au vent toutes voiles dehors, qui finalement durent une heure pleine.
Le soir nous étions à l'échouage près de la scène, sous les projecteurs, et le béquillage n'a plus aucun secret pour les équipiers qui étaient à bord. Remonter à bord en utilisant les petites marches de la béquille tribord ne fut pas de tout repos, mais tout le monde s'y est fait.
TRIBOOOOORD!
Le spectacle sur l'eau était magnifique, les couleurs superbes. Et les passagers plus photographes que marins. A dix pour tout envoyer, ça n'a pas été de tout repos, et j'ai depuis une conscience accrue de la chance que nous avons à Granville, avec nos passagers toujours prêts à participer aux manoeuvres. Imaginez une journée où vous commencez le matin aux alentours de 7h-8h par sortir les béquilles qui ont permis d'être à l'échouage, avant de vous rendre sur le lieu d'embarquement des passagers, pour rien. Puis envoyer les 8 voiles sans aucune aide extérieure, faire des ronds et des virements et des empannages avec 30 personnes sur le pont, sans parler de surveiller les autres bateaux, avant de tout remballer ferler ranger, et retourner à l'échouage donc remettre les béquilles.Eh bien le lendemain on élabore toutes sortes de stratégies pour que les passagers participent cette fois-ci, mais malgré quelques améliorations, nous n'avons pas trouvé la recette miracle.
Et le Belem quitte le quai à la voile, sous nos regards ébahis d'admiration
L'un des moment fort a été photographié par une personne qui a participé à un concours photo sur le Web. Un des quelques bords où l'on se mesure en vitesse, qui finit en régate couteau entre les dents. Extraordinaire non? Comme vous l'aurez deviné, beaucoup des images sur cette page onté été trouvées sur le Web, ainsi que toutes les vidéos. Je les félicite donc ici des magnifiques clichés qu'ils ont pu faire, sur les magnifiques sujets que nous leur avons exposé.
Les seules photos prises par des équipiers sur cet article sont celles d'Amédée. Il en existe peut-être d'autres, mais il est vrai que la Granvillaise n'a pas été le bateau idéal pour les granvillais photographes... Oups!
Enfin, le spectacle de cloture fut extraordinaire, rien de tel qu'une vidéo pour retrouver cette ambiance
Un extrait rapide du spectacle "Envolée chromatique"
Une autre
Et le lendemain nous repartions vers Granville, et avec une brise de fond de culotte, nous avons sorti les grands moyens : un plein de gazoil, et au moteur s'il vous plait!
La suite serait morne à raconter après ce qui a précédé, disons juste que nous avons fait la tournée des phares en rasant la côte, et opté pour de jolis mouillages plutôt que des escales festives. Quelques noms pour se souvenir : le chenal des gabarres qui passe à l'intérieur des roches de Portsal, le mouillage du Corréjou après le phare de l'île vierge, le phare des Triagoz qui annonce les Sept îles, la balade à l'île aux moines puis l'île Rouzic et ses fous de bassan, les Héaux de Bréhat et le mouillage du Guerzido, et enfin de la voile de la voile de la voile, tout dessus au travers et le foc moyen en voile d'étai.
Et puis les dauphins viennent nous acceuillir dès que nous arrivons dans les parages de Chausey. Oui ça sent la fin, la Granvillaise va retrouver son port d'attache et recommencer à être ambassadrice de la baie.
D'autant qu'un beau mois d'aout nous attends, avec de belles navigations à Chausey, le premier festival des Voiles de Travail, et un aller-retour à Caen...
Mais ça, c'est une autre histoire!
Bon hiver à tous, et au plaisir de se revoir sur l'eau!
Géraldine
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